Tout repart, comme une remise à zéro !

Et c'est ainsi chaque année, alors qu'on croit que tout s'arrête, voilà que le cycle se remet en marche. Toujours semblable et toujours différent. Et l'hormone responsable du déclenchement photographique déverse ses humeurs dans le corps, stimulant l'index et le regard, ou plutôt l'inverse, car il faut voir avant d'enregistrer. Chamois, chevreuil, lièvres, ont laissé leurs traces nocturnes dans la neige matinale, le renard a rôdé. Aucun d'eux ne se montre, ils ont trop été dérangés par le ruée touristique déclenchée par l'isolement dû au Covid ! Les marques du passage des marcheurs, raquetteurs - ça se dit ??? - et autres skieurs ont strié tout le paysage. Il y en a partout et si damées que l'on peut marcher comme sur une route normale, alors qu'à côté on s'enfonce dans la poudreuse !!!

A peine ébouriffée par la bise...

Une Charbonnière solitaire parcourt les branches enneigées, sur la crête de Raimeux, lançant parfois un tititû très printanier. Elle n'a cure du froid intense généré par une bise violente.

Dans les forêts et tout au long des lisières, les oiseaux se délectent des innombrables graines et fruits offerts par la saison passée. Tant et si bien que certains, les plus précoces, chantent déjà, impatients et pleins d'énergie.



Il chante... plumage gonflé pour se préserver du froid.
Quel courage - ou quelle motivation -

Surprise lorsque cette boule brune s'anime et se met à chanter... Le Troglodyte s'est-il vraiment tu en hiver ?

Et il est puissant, le chant de ce bougre !

Plus discret et plus rare, le Grimpereau des jardins se déplace en rasant les troncs, écorce parmi les écorces. La chance m'a souri alors que j'attendais les buses... Il a passé brièvement près de mon affût- J'ai shooté !

Son bec très spécialisé lui permet d'explorer les moindres interstices

Un des rois du camouflage...

A la mangeoire pourtant bien approvisionnée, peu de monde: pinsons des arbres, mésanges, rares verdiers et des moineaux. Je note que le Moineau domestique revient en force. Il avait presque disparu ces dernières années. Le friquet est toujours régulier. Certains ont la chance d'avoir des visites de Tarins des aulnes...

Pas beau le mâle ? Gris divers, noir et brun chaud, c'est le plumage hivernal

Plutôt piéton, il laisse aux mésanges les acrobaties et picore à terre - ou à neige -

Trouve une graine de tournesol qu'il décortique plus ou moins adroitement...

Et sait se faire discret

Le mâle Tarin des aulnes - rare chez moi, mais j'ai des projets... -

Le Cincle plongeur ne semble en rien influencé par la météo. Il chante et arpente son domaine aquatique sans relâche

Sa spécialité: le plongeon ! Il sait où trouver pitance.

Mais la ou les surprises viennent de la météo. Les nuages intermittents, se mêlent aux brouillards, les éclaircies créent des lumières folles, la nature est en fête. La bise alterne avec le vent pour savoir à qui sera le plus réfrigérant ! La conjonction des éléments permet des jeux de lumières surprenant. Arbres givrés et ensoleillés jouant avec ceux qu'un nuage a ombragé, sur fond de gris sombres ou de bleus purs... Jouissif !

Matin. Le ciel est pur, la neige immaculée... hiver !

Le givre a surchargé les arbres

Mais bientôt le brouillard monte, des nuages se forment, les lumières varient les plans

On ne sait où tourner le regard et l'objectif...

Comment décrire ?

D'ailleurs, est-ce bien nécessaire ?

Les mots ne suffisent pas !

Bref... j'aime !