Et les écorcheurs ?

Les pies-grièches sont espèces estivales et la chaleur ne semble en rien les perturber. Tout au plus les voit-on bec ouvert à tenter de refroidir un peu leur température intérieure.

Par chance, un couple s'est installé dans un buisson d'aubépine - comme d'habitude - côté est.

Gros avantage pour moi, un autre buisson touffu se trouve à quelques mètres et me permet un affût ombragé, pour le matin seulement. J'en profite, d'autant plus que l'après-midi, ce serait intenable.

En sortant du buisson dans lequel est dissimulé le nid, le mâle marque un temps d'arrêt, pour observer.

Chaque matin, j'y suis, depuis qu'ils se sont mis à nourrir. Avec l'avantage que la quantité d'images déjà accumulées depuis plusieurs années me permet de faire le difficile ! Je ne shoote que quelques nourrissages pour savoir, d'après la grandeur des proies, où en sont les oisillons. Bien entendu, je ne boude pas le plaisir de les voir s'affairer, s'habituer à ma présence, voire ne plus me remarquer du tout, ce qui est très gratifiant et m'offre des opportunités d'observations intéressantes.

La femelle s'est arrêtée en bordure. C'est rare, elle préfère entrer dans le buisson par le côté opposé, hors d'atteinte.

Le mâle, à peu près au même endroit. Les proies sont des araignées ou des petits hannetons de la Saint Jean, innombrables.

Au fil des jours, ils se rassurent et s'approchent

De mieux en mieux...

Encore un petit hanneton !

De toutes façons, ça ne dure pas très longtemps et les jeunes, même s'ils ne volent pas encore, sont capables de se déplacer à pattes, dans le buisson ou à côté.

Ainsi les derniers jours, lorsque j'attends pour voir, l'un d'eux me surprend en se mettant à quémander derrière mon dos... des cris fins et grincés, à peine audibles.

Comme les parents ne viennent plus, il saute à terre et rejoint la base, quelques 4 mètres plus loin. Pas eu le temps de réagir. Zut !

Le lardoir...

Coup de bol ce dernier jour, quand le mâle vient accrocher un Anax empereur au lardoir - que j'ai posé à son intention, on ne sait jamais ! -

Un geste trop brusque, un mouvement du téléobjectif... il s'enfuit et abandonne sa proie. Raté !

Je suis patient et bientôt récompensé: il y revient et je suis prêt !

Alors...

Il emporte la libellule et va l'accrocher à un autre lardoir à une trentaine de mètres.... pour dépecer et avaler !

 

Approche...

Manoeuvres de décrochage...

Là, c'est fait !

C'est trop loin !!!

Le matin suivant, je m'arrête en voiture pour voir... Les adultes vont et viennent, mais les jeunes sont dispersés. Je n'ai plus grand espoir.

Mais subitement, un isolé se déplace dans le buisson, là, tout à côté, et je n'ai qu'à abaisser la vitre pour en tirer le portrait.

Fin !

Il est là... et m'a surpris !

Il se déplace fréquemment en battant de ses courtes ailes

Il s'est approché encore. Dernière image de la saison !