Le temps des nichées...

Le soleil chauffe... alors que la bise glaciale souffle, implacable. La terre n'arrive pas à se réchauffer, la neige perturbatrice ne cesse ses va-et-vient, la pluie n'est pas assez insistante pour réalimenter les nappes phréatiques. Pourtant, vaille que vaille, les oiseaux s'activent. Chants territoriaux, constructions, nourrissages, il y a de tout en même temps.

Et le photographe dans tout ça ?

 

Il est important de se fixer des objectifs et, lorsqu'on a repéré un sujet, de s'y attacher pour en extraire le maximum. Le temps des nichées est restreint, le résultat s'avérant lamentable lorsqu'on arrive trop tard et que le nid est déjà déserté. Il faut se rabattre sur un autre sujet, une autre espèce... et le temps de repérage est fastidieux.

 

En bon opportuniste, je fais alors flèches de tous bois, picorant des images lors de brèves rencontres...

 

Le mâle s'est posé, arrivé on ne peut plus discrètement !

Ainsi: Le Pic noir ! Je sais un endroit où il fait résonner une branche en tambourinant pour marquer sa présence. Ses cris de vol trutrutrutru...en séries sonores ou ses miaulements plaintifs ont révélé son secteur d'activité. Je l'ai vu plusieurs fois entrer dans la forêt, toujours au même endroit et je l'y attends, ce matin-là ! Chance ! il s'est posé sur un grand hêtre percé de plusieurs cavités. Le mâle, puis la femelle, côte à côte, se sont arrêtés brièvement, puis la femelle a disparu dans la cavité... pas celle que j'avais dans le viseur, mais une autre, à l'opposé du tronc, que je n'avais pas vue ! La pente est abrupte, les feuilles mortes glissent sous le pas, et je dois monter pour construire un abri précaire de grosses branches pour y accrocher un filet de camouflage. Presque deux heures de marche pour y arriver et autant pour en revenir... avec le matos sur le dos ! Pénible à cet âge !!!

La femelle avant de disparaître dans la cavité... je suis du mauvais côté ! Zut !

Lendemain gris, forêt sombre et contre-jour... mais le mâle vient rôder et m'offre quelques opportunités ! Deux jours plus tard, soleil d'après-midi et belle lumière... mâle et femelle viennent, se posent un temps puis entrent ou repartent. Clic ! ma position est bonne et ils ne me détectent pas.

Là... c'est mieux ! La femelle, petite béret rouge sur l'arrière de la tête !

Et le mâle, calotte rouge sur tout le crâne... il a miaulé en sourdine !

Ce serait parfait si... Hélas, la neige arrive une fois encore ! A remettre, car ils n'en sont, vraisemblablement qu'au début de leur nidification ! A suivre.

Tulipe misérable sous le poids de la neige...

Même la rustique centaurée ploie et se soumet !

Raimeux, matin ensoleillé, bise mordante. Un petit oiseau m'intrigue. Je n'ose penser à l'Alouette lulu, qui fréquentait ce biotope il y a une quinzaine d'années... Puis plus rien !

C'est pourtant elle, qui chante brièvement et rôde entre les grosses pierres. De la voiture bien camouflée, je suis ses déplacements plein d'espoir !

Et elle s'approche -en fait, elles sont deux, puis trois... et ce sont deux couples voisins très actifs ! Je mitraille sans les déranger. Un plaisir ! J'y reviendrai pour savoir si elles s'installeront.... J'en rêve !

Elle s'arrête pour observer un rapace... qui passe.... comme il se doit !

Le mâle s'arrête et lance une strophe ! Bien en vue.

Picore quelque insecte...

S'ébroue pour arranger son plumage...

Et, piéton, reprend sa quête !

Et encore la neige ! Et encore le froid !!! Y en a marre !

Alors je shoote lors de vadrouilles exploratoires, au hasard des rencontres.

Un Gobemouche noir mâle sympa qui se laisse approcher, une Nonnette équilibriste en quête de pucerons dans un merisier en fleurs. Des Verdiers, Moineaux domestiques ou Mésange bleue à l'abreuvoir dans mon jardin...

Et un Orchis brûlé en passant !

Perché et se croyant invisible...

Il vient se poser à côté de la voiture...

Elle explore les moindres recoins...

Elle a trouvé une graine de tournesol et tente de la fixer ...

pour en faire sauter la coquille

Moineau domestique mâle en grande tenue !

Gros pépère, le Verdier mâle, prudent....

mais trop assoiffé ! Il dessine des coeurs... c'est le printemps !

Et un Orchis brûlé en passant !

Oui, c'est le printemps... même s'il est un peu pourri !