Le tigre !

C'est pour lui que nous sommes venus ! Tous les superlatifs sont insuffisants pour décrire l'impression ressentie lorsqu'il apparaît. Si le lion est le roi des animaux, à cause de sa crinière surtout, le tigre est l'empereur et n'en a pas besoin. Il personnifie la puissance et la force brutale. Sa tête est un masque terrifiant, ses pattes antérieures un modèle pour tout culturiste en mal de musculation. Lorsqu'il se déplace, c'est d'un pas assuré, mesuré, mais il est capable de bondir soudainement et laisser éclater toute son énergie contenue. Lorsqu'il bâille, on découvre un étau puissant armé de crocs redoutables. Son regard jaune nous transperce, même s'il ne nous considère pas comme proie potentielle. Une superbe machine !

Même si la densité est importante à Bandhavgarh, à cause des mesures de protection strictes, le voir est aléatoire et question de chance. Les guides en connaissent et les individus et les territoires, mais la forêt dense rend toute rencontre hautement improbable.

- Alarm calls ! Combien de fois avons-nous entendu ces mots? Chauffeurs et guides attendent impatiemment ces cris d'alarme des chitals et des langurs qui dénoncent le tigre en mouvement. Les uns se manifestent du haut des arbres où ils se sont réfugiés, les autres restent immobiles, tendus, queue relevée par saccades et lancent des abois sonores. Les chauffeurs ont immédiatement stoppé, coupé le moteur et se sont dressés dans les jeeps. Silence. Ils attendent, concentrés et tendus.

Un chital alarme, pointant museau et oreilles dans la direction du danger. - Mauvaise image, je sais ! Mais bon, il faisait presque nuit et j'ai dû un peu forcer les zisos ! - La posture est caractéristique.

Quelques véhicules sont arrêtés en bordure de piste. Ils ont vu « la Bête » que nous découvrirons bientôt à notre tour, couchée en forêt et sereine. Il s'agit d'une femelle connue, normalement suitée de deux jeunes aussi grands qu'elle. Elle se lève bientôt et se dirige vers la clairière voisine. Elle sort, un jeune la suit. Vraisemblablement un peu dérangée par ces véhicules vrombissants – ça n'est pas très beau à voir ! - elle se met à courir vers la lisière sans s'arrêter dans l'éclaircie. Le jeune, quant à lui, se couche , observe, puis se roule comme un gros chat avant de se lever et rejoindre sa mère en quelques bonds puissants. Nous pourrons les suivre alors qu'ils parcourent la forêt en un jeu ce cache-cache riche pour nous de poussées d'adrénaline.

Couchée dans la forêt. Une observation si facile à rater...

Ils sortent... branle bas dans les jeeps...

D'abord au pas...

Puis, en une série impressionnante de bonds puissants, elle a traversé la clairière

Le jeunot, de belle taille - s'est arrêté un temps et s'est couché

Comme un gros chat

Et il rejoint sa mère

Nous les suivons autant que possible, la cohue est un peu désagréable...

Parfois, ils semblent préoccupés par notre activité ronflante

Ils savent se fondre dans la végétation

Arrêt et rapide toilette entre les troncs

Et pause-dodo

Autre opportunité : une femelle munie d'un collier-radio – pas très esthétique ! - a été dérangée par deux éléphants. Leurs mahouts ont pour mission de la suivre et la mener vers le centre de la réserve, à cause de la tendance qu'elle a de s'approcher du village et du bétail ! Elle s'arrête vers nous, travers en toute tranquillité la ligne des jeeps et se couche pour un temps de toilettage. Nous découvrons alors ses pattes maculées de sang qu'elle lèche longuement. Elle a tué et a été vraisemblablement dérangée dans son repas.

Tranquille, elle traverse la piste et les jeeps...

Notez le collier... et les pattes ensanglantées

Elle se couche et lèche ses pattes, longuement

On imagine mal recevoir une gifle, même sans les griffes !

Troisième rencontre:

La pluie nous a surpris hier soir en un orage violent qui a détrempé et la voiture – mal équipée – et les photographes – mal abrités – Toute la nuit a été nourrie de coups de tonnerre violents et d'éclairs superbes. Le lendemain, nous déclarons forfait jusqu'à l'après-midi qui semble plus accueillant. Rien ne bouge pourtant. Soudain la pluie revient, brutale et dense. Cette fois, les bâches sont rapidement mises en place et nous nous trouvons enfermés dans un cagibi sombre et mal pratique... et c'est à ce moment-là que retentit un hurlement : - Là, le tigre ! En effet, un gros mâle marche tranquillement en longeant la piste. Les chauffeurs nous entraînent dans une série de marches arrière peu banales, pour se placer au mieux et photographier l'animal. Superbe ! D'autant plus que la pluie s'est arrêtée et que nous pouvons soulever la bâche latérale. Mitraillage, comme il se doit et foison d'images qu'il faudra bien trier et éliminer !!! Il en restera !

Là... il sort !

Il est tout simplement magnifique, chez lui !

Il s'approche sans crainte, sûr de sa puissance

Comme si nous n'existions pas !

Tout simplement beau ! et quel regard !