Fin d'automne

L'été indien jurassien finissant offre quelques spectacles à ne pas manquer, entre les brouillards, les chamois enamourés ou les derniers migrateurs. La palette des ors est déclinée dans les feuillages mourant, dans les lumières matinales ou sur les baies des sorbiers sur fond de feuilles aux teintes infiniment variées. J'aime ces matins dorés, lorsque le premier soleil vernit de rouges brûlants faune, flore et paysages. Les contrastes sont énormes qui créent des volumes très marqués.

Premières lumières.. déjà il est en fuite...

Les derniers jours de chasse troublent la sérénité des forêts par les abois des chiens courant. Quelques coups de feu crient la mort d'un chevreuil épuisé... Il suffit de les voir passer, la gueule ouverte pour chercher quelques bouffées d'oxygène... les toxines durcissant leurs muscles qui souffrent. Triste !

Jeune bouc en quête d'aventures...

Chez les chamois, les courses folles des boucs en rut sont d'un tout autre ordre. Leur langue noire pend de leurs muffles béants, ils émettent des grincements bizarres et rameutent les chèvres de leur harem, toujours prêtes à s'échapper vers un mâle de passage un peu plus attirant. Quel boulot !

Le maître de la harde surveille son harem

Une femelle vagabonde... et romantique

Un temps de repos au soleil levant pour s'alimenter un peu... avant de reprendre le travail !

Entremets de brouillard se déversant du Plateau vers les vallées jurassiennes... c'est de l'ordinaire en cette saison. Et, juste avant que le soleil naisse, la pleine lune s'en va, superbe. Au jardin, une lanterne japonaise semble éclairer faiblement l'étang qui lui renvoie des lumières en perles colorées... Non mais, me voilà poète ! C'est nouveau.

Chaque jour, ou presque, ce spectacle de déversoir sur Gänsbrunnen...

Jeux de lumière en contrejour

No comment !

Là non plus !

Et les oiseaux ? A la mangeoire, les premiers hôtes se disputent déjà. Moineaux friquets surtout, mésanges diverses et pinsons... la saison ne fait que commencer.

A peine arrivés, c'est déjà la bagarre !

En montagne, les sorbiers, riches en fruits cette année, offrent une table bien garnies aux grives diverses qui s'arrêtent un temps. Les litornes resteront pour l'hiver, elles auront des pommes en suffisance après la fructification énorme de cette année. Quant aux mauvis, elles ne font que passer. Quelques draines aussi, indigènes attardées ou nordiques en voyage. De quoi faire ! Longtemps elles ont dédaigné un sorbier de manière inexplicable... et en deux jours, elles l'ont dégarni.

Premières observations, de loin...

Litorne acrobate un matin de grisaille

Sur fond de ciel bleu, c'est mieux !

Prêtes à toutes les acrobaties

Mauvis que les allemands appellent Rotdrossel, grive rouge

Acrobaties encore...

Observez le mouvement de la langue

Avec torsion du cou pour la grive draine...

Les baies diminuent...

J'y étais ce matin-là qu'il ne fallait pas rater.

Chance !