Epine calcanéenne...

ça vous dit quelque chose ? Si oui, c'est clair. Si non, imaginez avoir un caillou bien pointu dans votre chaussure, juste sous le talon. Et marchez.... Vous aurez compris rapidement. En clair, c'est une excroissance osseuse qui pousse sans prévenir juste sous le calcaneum. Pourquoi ? Et pourquoi moi ?

Résultat : plus de marche prolongée sans douleurs dérangeantes. Quelle tuile pour un photographe qui a pour habitude de rôder en montagne !

Bilan : moins de déplacements, moins de possibilités d'images. C'est bien la première fois que je peine à trouver de quoi alimenter mon blog. Bien entendu, la météo ne favorise pas non plus les belles images. Gris sale sur fond de pluie... c'est un peu tristounet.

Weissenstein, plutôt noirâtre... et nuages gris poussés par un vent d'altitude violent

L'avantage – il faut bien en trouver un – c'est que je peux mettre de l'ordre dans les dossiers abandonnés, liquider les retards accumulés, vite envahissants et passer du temps à lire tout ce que j'ai en retard.

Mais comme je me suis engagé à fournir... voilà !

J'ai perdu beaucoup de temps à chercher les becs-croisés. Si la chance m'a souri pour la première approche, elle m'a rapidement abandonné. Ils sont bien présents, mais en groupes vagabonds passant d'un épicéa à l'autre en déplacements aléatoires. La pluie et la neige leur permettent d'étancher leur soif sans venir à l'abreuvoir... Echec !

Alors je cherche avec obstination quelques sujets au hasard...

Etroite ligne de lumière - vraiment étroite et éphémère -

Lavis de nuages étirés

ça change sans arrêt !

Les montagnes du Jura méridional s'unissant aux épais nuages forment l'horizon restreint qui cache les Alpes. Leurs formes sont tourmentées par les vents d'altitude et défilent à vive allure. Quelques éclaircies étroites dessinent parfois les silhouettes de arbres des crêtes. Essais divers, panoramas... j'ai le temps de m'y astreindre.

Panorama encadré de masses sombres

Et détail.

Au hasard de mes déplacements – restreints par ce mal sournois dans mon soulier gauche... - quelques souches m'interpellent. Un vieil érable bien caché dans le pâturage boisé m'offre les volumes tourmentés de son tronc et de ses branches.

Une éclaircie révèle la présence d'une belle troupe de 21 chamois pâturant sereinement.

Vieux bois ! Quel grimpeur lilliputien ne rêve pas d'escalader ces parois verticales ?

Formes et paysages du Sichuang chinois ! - il y manque quelque fourmi égarée ! -

Vénérable et impressionnant vieillard - mais bien caché -

La harde tranquille

Le bouc vient de disparaître dans la pente, le calme est revenu

Et puis il y a les surprises : une pluie violente a fait grossir la rivière et je peux enfin photographier une chute digne de ce nom, enrichie d'une eau brun sale. L'étiage a suffisamment duré.

Enfin ! Agitation et tumulte.

Avais-je jamais rêvé de tirer le portrait d'un tigre de Sibérie dans un paysage jurassien ? C'est fait.

En passant à côté du Siky Parc de Crémines, je découvre un tigre couché sur une plateforme qui le hisse au-dessus des palissades. Il se découpe sur un fond de forêt...

Voilà qui donne une autre dimension à notre région !!!

Ou encore cette vision nocturne de l'église de Grandval, alors que la pluie s'unit à une brume légère pour créer des lumières très particulières, je ne résiste pas.

C'est tout et c'est peu !

Sans commentaire...

10 décembre : J'avais prévu de terminer cette page le 9, mais, par négligence ou flemmardise, je ne l'ai pas fait. Et ce dimanche matin, ayant pris la route en profitant d'une légère éclaircie et malgré une fine bruine, la chance m'a enfin souri. Un couple de chevreuils paissait en lisière, le brocard arborant des bourgeons prometteurs de bois superbes. Ils sont hélas restés devant une barrière de fils de fer très peu esthétique... avant de disparaître dans la forêt. On ne peut tout avoir...

Quelques instants plus tard, de la route, je vois un héron dans la rivière. Stop ! Et quelques clics... à travers des branchages. Encore une fois : hélas !

Mais ça enrichit un peu ma pauvre page. Pardon !

Il fallait le deviner

Brocard, chevrette... et fils de fer !

Un temps d'arrêt pour me permettre d'admirer ses bois naissants

Un p'tit tour et puis s'en va !

Ouais... je souhaite faire mieux la prochaine fois !